Alors que Philippe Merieu affirme à l’AFP que le premier chantier du futur président devra être de réconcilier l’École et la Famille rappelant que toutes les polémiques soulevées pendant la campagne concernant l’Éducation relèvent du dialogue avec les parents, alors qu’hifi répond, dans la note précédente, qu’un « bon prof » est un prof qui a la chance d’avoir des élèves qui ont de « bons parents », alors même que le rôle et le statut de ces derniers sont officiels depuis le décret d’août 2006 qui les détaille, la place du parent d’élève semble rester éternellement floue.
Ou plutôt inégalement occupée : il y a ceux qui la prennent et ceux qui n’osent pas s’accorder ce droit…
Si je reprends la définition donnée par hifi, les « bons parents » sont ceux qui sacrifient une partie importante de leur temps à surveiller le travail en classe de leur enfant, à surveiller leurs loisirs et à éveiller leur curiosité intellectuelle et artistique. Seulement, il y a ceux qui peuvent le faire et ceux qui ne peuvent pas. Il y a ceux qui veulent le faire et ceux qui ne veulent pas. Et c’est là, une des causes d’inégalité des chances.
Mais, au moins, donnons à ceux qui veulent agir les moyens d’exercer leur rôle. C’est pourquoi la première des priorités reste probablement d’informer régulièrement les parents des résultats de leur enfant et de faciliter les rencontres entre eux et les enseignants de leur enfant.
Or là, la situation est très hétérogène entre les établissements, même si un grand pas a été franchi avec le principe de la remise du bulletin scolaire en mains propres. Il est clair que les modalités de rencontre – les horaires notamment – sont déterminantes. D’où l’idée de les préciser en les intégrant dans un règlement intérieur concerté. Cela semble essentiel.
Comme il est essentiel de réaffirmer que, si les parents doivent pouvoir mieux jouer leur rôle, il n’est pas question qu’ils puissent empiéter sur le domaine des enseignants. A ces derniers et à eux seuls, la responsabilité pédagogique et la responsabilité de ce qui se passe dans la classe. Ce double respect doit régir la coopération entre enseignants et parents. C’est une des conditions de la réussite scolaire.
Mais les préjugés ont la vie dure et si cet objectif est généralement partagé, sa mise en œuvre se fait bien lentement. Ou plutôt de façon trop inégale, dans un pays où l’École de la République s’est construite sans les parents.
Alors demain il faudra bien mobiliser tout le monde.
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