Le « schéma national de l’orientation et de l’insertion professionnelle », rapport de l’universitaire Pierre Lunel, vient d’être rendu public. Si l’on se souvient que chaque année, 150000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification et 80000 étudiants quittent l’université sans diplôme, on se dit qu’il serait temps que l’on se penche sur l’une des causes de cet échec : une mauvaise orientation.
Car il ne suffit pas de savoir lire, écrire et compter. Il faudra aussi, un jour, pouvoir travailler… Et donc s’engager sur une voie qui le permettra. Or, l’exercice s’avère complexe pour des élèves, à la fois submergés d’informations mais finalement peu au fait de la réalité de la vie professionnelle. Ce qui laisse de beaux jours devant eux aux déjà très fleurissants organismes privés d’aide à l’orientation. Organismes, qui soit dit en passant, sont très loin d’être gratuits… Pas de doute : l’École de la République doit reprendre le flambeau.
Penchons-nous donc sur quelques unes des propositions du délégué interministériel pour sortir de l’impasse.
Celui-ci suggère d’abord de rendre obligatoires les deux heures hebdomadaires de « découverte professionnelle », actuellement facultatives pour les élèves de troisième ; d’instaurer un entretien d’orientation personnalisé pour tous les élèves de première afin de prévenir le « décrochage » ; de consacrer une heure de « vie de classe » à la connaissance des filières de formation ; de développer l’apprentissage ; de faire découvrir toutes les possibilités d’études grâce au processus du « dossier unique de candidatures » ; de créer une commission régionale de coordination post-bac ; de mieux accompagner les étudiants de 1ère année via le tutorat ; de créer un comité université/entreprises et une maison des anciens dans chaque université ; d’instaurer des stages de découverte des métiers… Je m’arrête là mais la liste est longue puisqu’elle compte pas moins de 28 propositions.
Je n’en rajouterai qu’une, la numéro 26 : former les enseignants à l’orientation tout au long de leur carrière. Alors, alors… Puisque Pierre Lunel met à contribution les professeurs dans son projet, à raison me semble-t-il, vous aurez sans doute votre mot à dire…
Une dernière réflexion, enfin. Je me demande quel avenir auront ces propositions compte tenu des échéances à venir. Pourtant, une meilleure orientation est bel et bien l’un des paris majeurs qu’il nous faut réussir pour l’École.
A vous lire…
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