(L’utilisation d’un mot emprunté à l’anglais m’évitera une éventuelle faute d’orthographe…)
Je voulais vous dire un grand merci pour votre engagement sur l’orthographe. Et je suis bien d’accord avec le dernier commentaire de Cirla : vous êtes, c’est sûr, des passionnés. L’échange restera dans les mémoires. En tout cas, dans la mienne.
Si vous êtes des passionnés, c’est aussi que le sujet de l’orthographe est passionnant. Et le moins que l’on puisse dire est que le débat n’est pas épuisé : il n’y a pas de réponse unique et simple. A fortiori simpliste. Je suis convaincu qu’en matière d’orthographe comme de lecture, on serait bien inspiré de croiser l’évaluation des acquis des élèves avec les méthodes employées. Il faudrait donc mettre en place une dictée de plus pour mesurer l’efficacité desdites méthodes. Ce qui satisferait les uns mais ennuierait les autres, vu les différents avis sur ce fameux exercice ! Voilà pour la « synthèse » que me demandait Cirla.
Mais au delà de ce que font l’École et les enseignants, encore faudrait-il que la société dans son ensemble valorise le sujet et ne se résigne pas à accorder chaque jour un peu plus de place à l’image.
Enfin, un petit mot personnel. J’ai été très ému par les corrections des fautes d’orthographe qui s’étaient glissées dans les commentaires, ainsi que par les explications très claires et très pédagogiques qui leur étaient apportées.
Comme vous le savez, mon père était instituteur et a été le mien en classe de CM2. Plus tard, quand j’écrivais à mes parents, il me renvoyait ma lettre avec les fautes – eh oui, il y en avait – entourées en rouge. Aussi, j’espère ne pas en avoir laissé dans mes propres notes…
Pour conclure, je voulais remercier Fremen de son témoignage, à la fois courageux et instructif. Les points de vue divergent mais le vœu que l’École marche mieux reste unanime.
Point de vue sur une synthèse et deux opinions
Tout d’abord, un sincère «avec plaisir» à votre «grand merci».
Et sans s’attarder en congratulations réciproques, la critique de votre synthèse et de votre positionnement.
Sur la synthèse : «…il n’y a pas de réponse unique et simple. A fortiori simpliste.»
Tout à fait d’accord.
Sur vos opinions : «…encore faudrait-il que la société dans son ensemble valorise le sujet.»
Tout à fait d’accord. Mais non seulement sur les attentes. Sur l’affirmation claire des moyens pour ses priorités. J’entends par là : temps d’enseignement, exigence sur les résultats et valorisation des acquis.
Et maintenant le désaccord sur la conception sous tendue par : «croiser l’évaluation des acquis des élèves avec les méthodes employées»
A première vue suggestion de bon sens. Mais en fait, pour moi, illusion de scientifique sur la fiabilité de l’évaluation des apprentissages (je ne développerai pas ici ce sujet délicat) et surtout réminiscence à croire en La Bonne Méthode en contradiction avec «…il n’y a pas de réponse unique et simple. A fortiori simpliste.» .
Comme je l’ai déjà dit, j’essaie de l’expliquer autrement. (Tout en ne cherchant pas à me disculper d’une Répétition ennuyeuse car la Répétition est Une méthode à laquelle on ne peut échapper pour apprendre. L’erreur serait de croire que parce qu’elle est souvent indispensable, elle serait toujours efficace et donc La méthode à généraliser.)
Reprenons l’analogie avec le forgeron de Grégoire.
Dans un ordre logique, un «bon» forgeron doit en amont avoir clairement «en tête» l’objet à réaliser.
Ensuite, en tenant compte de toutes les conditions particulières de l’instant: qualité du métal, température du foyer, épaisseur de la pièce,…il lui faut savoir choisir à bon escient l’outil pertinent et le manier avec adresse. Et, pour la réalisation de sa pièce il devra changer de nombreuses fois d’outil en tentant d’adapter au mieux sa réponse au problème posé toujours renouvelé.
Ce «bon» forgeron doit donc «posséder» une trousse à outils la plus variée et complète possible.
Devant une pièce réussie, viendrait-il à l’idée de croire qu’elle tiendrait à la possession (voire à la maîtrise) d’un seul outil?
Ne serait ce pas, alors, croire à l’outil «magique» qui rendrait «magicien» quiconque le possèderait ?
Il n’y a pas plus de magie dans les classes qu’il n’y en a dans les forges.
Et les méthodes pédagogiques sont de vulgaires outils, ni moins, ni plus nobles les uns que les autres.
Le « bon » enseignant doit donc «posséder» une trousse à outils la plus variée et complète possible.
Ensuite, en tenant compte de toutes les conditions particulières de l’instant: qualité de l’écoute, ambiance de la classe, difficulté de la notion …il lui faut savoir choisir à bon escient l’outil pertinent et le manier avec adresse. Et, pour la bonne marche de ses leçons il devra changer de nombreuses fois d’outil en tentant d’adapter au mieux sa réponse au problème posé toujours renouvelé.
Et dans un ordre logique, un «bon» enseignant doit en amont avoir clairement «en tête» l’objectif à atteindre.
Et pour cela : «… encore faudrait-il que la société dans son ensemble…» le sache elle même.
Rédigé par : Cirla | 09 mars 2007 à 23:11