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07 février 2007

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Voici les sites qui parlent de Enseignants: mission possible :

Commentaires

hifi

M.Périssol,

Pour que notre mission REdevienne possible,il y a quelques thèmes urgents à traiter:

1/ mettre toutes nos forces sur le primaire pour que tous les enfants qui entrent en 6ème sachent lire,écrire et compter,

2/ mettre toutes nos exigences au collège afin de rétablir un véritable enseignement,càd créer un climat d'acquisition des savoirs, ce qui veut dire en clair,séparer définitivement la sphère du privé,qui relève de l'éducation des parents,de la sphère de l'école,qui dépend des enseignants.
Et donc,entre autres,obliger les élèves à porter un uniforme comme les anglo-saxons le font,exiger des élèves le respect sans faille des enseignants,exclure les élèves qui ne respectent pas le règlement,imposer aux parents une réponse lorsqu'elle est issue de l'administration,et ouvrir des internats pour ces élèves récalcitrants

3/créer des "écoles de seconde chance" pour les élèves en retard d'apprentissage,ou pour ceux qui ont des difficultés à accepter les règles communes,et enfin épurer nos programmes scolaires afin de les adapter à notre époque

4/ rétablir des filières courtes pour que les élèves non motivés par des études généralistes puissent s'épanouir dans d'autres filères que celles qui mènent obligatoirement à un bacc

5/ redonner ses lettres de noblesse aux métiers autrefois appelés manuels et sortir définitivement du quota stupide des 80 % de bacheliers

6/ faire de l'université un lieu d'excellence et non une voie de garage pour bacheliers en mal d'orientation

Cordialement

gregoire

Monsieur Périssol,
Cela fait longtemps que je préconise une ligne de conduite très simple : la famille éduque, l'école instruit. Je constate d'ailleurs avec joie que les parents sont de plus en plus nombreux à adhérer à cette idée.
Si les enseignants instruisent (sans être obligés d'éduquer en se dispersant dans des tâches et des missions sans fin : sécurité routière, sorties, éducation à la citoyenneté, etc; etc; etc) ils pourront avec efficacité transmettre aux élèves les connaissances nécessaires pour réussir leurs études, car ils auront enfin "du temps" à consacrer aux apprentissages...
Les parents ne se reposeront plus sur l'école dans le domaine de l'éducation.
Le bon sens finit toujours par l'emporter.

Cirla

Répondre à la question posée : mission impossible pour un politique professionnel.

Je devrais faire de la politique. C’est vrai. On me pose une question et j’ai envie de répondre à une autre qu’on ne me pose pas.

PA Périssol est content. Il veut notre avis sur quelque chose qu’il trouve possible et qui part d’un bon sentiment.(dit-il)
Oui, mais il dit aussi en NB: «…je maintiens que ce blog est tout à fait apolitique »
Et c’est bien sûr à cette affirmation que j’ai furieusement envie de répondre.
Heureusement, une petite voix me dit : «Arrête de faire l’âne! Réponds au Monsieur »
C’est ma conscience. Vous remarquerez que si elle est gentille, elle n’est vraiment pas polie (j’ai traduit son intervention).
Bon, d’accord, j’écoute ma gentille conscience. Je réponds à Monsieur Périssol.
Je reviendrai sur l’aspect apolitique de ce blog sur l’école. Promis.
Ceci dit, qu’elle ne me demande pas, en plus, d’être d’accord.

Donc, je ne suis pas d’accord.
Enfin si, un peu.
Quand MR Périssol dit : «Comment ne pas considérer comme un vrai sujet la mission des enseignants?» Là, oui, tout à fait d’accord. C’est même une évidence. Mais c’est tout.
Car, quand il enchaîne sur : «…rémunération et … modalités de progression de leur carrière..», il mélange tout et surtout les interlocuteurs.

Explications de mon désaccord.

Je suppose que pour Mr Périssol: «les représentants du monde de l’éducation » sont les syndicats. Nettement insuffisant pour aboutir au large consensus national nécessaire à une réorganisation sérieuse du système.
Elargissons ce « petit monde » (pour la représentation quantitative), par l’ouverture à la « communauté éducative », qui regroupe professionnels et usagers.
Et bien, malgré la propension de cette nouvelle « communauté » à s’auto légitimer pour régenter l’école, je ne pense pas qu’il soit du tout à elle de définir ces missions qui sont de la responsabilité de la Nation.
Car, est ce à des professionnels de définir leurs missions ?
Bien sûr que non !
Et, est ce aux usagers de définir le «produit gratuit» qu’ils attendent?
Bien sûr que non ! Comment ne pourraient-ils pas exiger « le beurre, l’argent du beurre et le sourire (ma gentille conscience me souffle autre chose, l’impolie) de la fermière."
Il faut entendre leurs analyses, leurs attentes certes ; mais professionnels et usagers sont trop impliqués «affectivement » pour pouvoir mener une « réflexion sereine » sur ce sujet.

Ce n’est pas à eux, mais aux élus du peuple (dans le sens de l’ensemble des citoyens) qu’il appartient de mener cette réflexion parlementaire à partir des points de vue de l’ensemble de la société: institutions, associations, acteurs économiques,… avec, pourquoi pas, l’écoute de mouvements philosophiques voire spirituels. (J’ai dit «écouter» pas «obéir». Ne hurlez pas sans essayer de comprendre).

Ces élus doivent d’abord, arriver à un consensus sur le projet de société qu’ils veulent proposer à la Nation après en avoir écouté les composantes.

A partir de cette vision sociale et obligatoirement politique au sens noble, ils doivent en déduire les finalités qu’ils souhaitent privilégier et confier à notre école publique.
(Rien n’oblige à tout vouloir attendre d’elle.)
Ces finalités pourront alors être déclinées en missions.

En fonction de ce projet éducatif élaboré en amont, le statut de l’école devra être clairement explicité. Leur cohérence sera déterminante pour l’efficacité du système.

(En illustration le port de l’uniforme que souhaite Hifi - et auquel je ne serai pas opposé, à la condition d’impliquer nos adolescents à une analyse profonde de son pourquoi- est totalement incongru dans l’école telle qu’elle est perçue aujourd’hui. Dans les circonstances actuelles il est totalement utopique de penser qu’il pourrait être imposé en amont d’une réflexion politique. Il ne pourrait être admis que comme outil ou même condition à la mise en œuvre d’un projet éducatif clair et démocratiquement décidé et massivement accepté par les citoyens).

Les finalités de l’école et son statut décidés, il faudra ensuite, mais seulement ensuite, se poser le problème des contenus et de l’organisation structurelle de l’école et des exigences professionnelles vis à vis des enseignants. (Voir à ce sujet, les propositions de Sejan pour une organisation cohérente avec « son » projet politique et social)

Se posera alors le questionnement sur les stratégies pédagogiques : transmission, construction…
Allégeons la tâche des élus. Appliquons la loi actuelle qui en donne la responsabilité aux enseignants sensés avoir été formés pour être capables de choisir les plus pertinentes en fonction des particularités de leurs classes. N’en déplaise à De Robien qui n’y entend rien. (C’est pour la rime.)

Restera enfin, ce qui n’est pas une mince affaire : l’évaluation des résultats attendus et leur prise en compte pour le progrès des élèves.


Vous remarquerez que je n’ai toujours pas parlé de rémunération ni de progression de carrière. (A ce moment, il sera peut être temps d’en discuter avec les représentants syndicaux. On pourrait envisager de les indexer sur les résultats de l’enseignant. Voir à ce sujet, le positionnement contraire du rapport Yves Chassard-Christian Jeanbrau. Sur ce point des rémunérations, je ne partage pas le point de vue de Sejan sur une augmentation globale aussi conséquente et indifférenciée de tous les enseignants sans contrepartie. Il me semble qu’elle pourrait être variable en fonction des missions assurées : instruction, éducation, surveillance, rattrapage,…)

Mais ce n’est pas à mon avis le problème premier.
Que, déjà, les enseignants aient des missions claires et réalisables et les moyens de les mener à bien (en priorité grâce à l’autorité qui leur serait reconnue par la société) et leur problème majeur sera à mes yeux, résolu.
Nombre d’entre eux seront déjà satisfaits du respect qui leur aura été manifesté en admettant simplement l’impossibilité de mener à bien leur tâche dans les conditions actuelles et en mesurant l’inconscience ou la malhonnêteté des procès imbéciles qui leur sont faits aujourd’hui.


sejan

Quelques remarques simplement........

Vu d’en dessous, Darcos n’a pas été un doyen de l’Inspection générale très novateur, ou entreprenant. Par contre, dans son dialogue avec Meirieu (Deux voix pour une école), je l’avais trouvé plutôt pas mal ... Un “agir” faible et un “parler” correct?

G. Cirla a tout à fait raison: il faut d’abord que la Nation sache ce qu’elle attend de son école et en vue de quel projet de société elle veut la penser. On est dans la dichotomie Stratégie - Tactique. Le global, la mission générale, la Nation, c’est la stratégie. Aux enseignants, aux structures éducatives revient ensuite la tactique, c’est à dire, dans le respect de la stratégie, la mise en œuvre de moyens adaptés aux conditions locales dans lesquelles on exerce. Et c’est pourquoi il faut des directives nationales simples, claires, assurées dans leurs objectifs mais souples sur les méthodes. Et c’est pourquoi il faut laisser aux établissements l’autonomie a priori complète de leurs moyens et de leurs choix pédagogiques et d’organisation.

Une politique éducative d’ensemble ouverte et généreuse dans ses objectifs (stratégie), réaliste dans ses démarches (tactique) ne peut réussir que si les évidentes conditions nécessaires à sa mise en œuvre sont réunies, et d’abord l’adhésion complète du corps enseignant à la redéfinition de ses tâches. Du corps enseignant, pas des syndicats!
Des recrutements et des formations au métier de haut niveau, justifiés par des perspectives de carrière attractives. Les questions de réaménagement des locaux et de rémunérations sont en fait essentielles et relèvent du sine qua non. On ne peut pas ressaisir le niveau d’investissement, le niveau d’implication, des enseignants, on ne peut pas modifier les attitudes individualistes enseignantes à coup de laïus! Le cadre offert doit être motivant! En même temps que la Nation définit la mission globale de l’école, elle doit ouvrir le chantier des locaux scolaires et se résoudre à payer les personnels à la hauteur de l’important effort qu’elle va leur demander.

L’optimisme de P-A. Périssol me laisse rêveur... Le blocage actuel du système ne sera pas levé sans douleur. L’effort de la Nation pour se doter d’une école qui puisse prendre en charge la société de demain grâce aux enfants d’aujourd’hui est un effort immense si on le veut efficace. Il ne se fera ni sans moyens, ni sans vertu. Et comme dans la crise actuelle des valeurs, la vertu elle aussi se paie....

Un schéma allégé? Une politique nationale simple et claire (dont une formation généraliste prioritaire en scolarité obligatoire), des locaux accueillants adaptés au temps plein, des équipes éducatives motivées et autonomes, à niveau culturel et compétence scientifique élevés, de vrais salaires de cadres supérieurs et les exigences correspondantes, un pilotage fin par des structures de coordination-impulsion-guidage (ex-inspection) entièrement renouvelées.....

Et merci à G.Cirla pour les références qu’il indique, y compris avec la netteté de ses mises à distance.

Cirla

«…je maintiens que ce blog est tout à fait apolitique»

Je vous avais promis, sur cette déclaration de PAP, un commentaire, suscitant, sans aucun doute chez vous, une impatience difficilement supportable.

Pardon de vous avoir fait attendre, mais, tout d’abord, ce petit mot de sympathie à Sejan qui traite accords et désaccords sur ses points de vue avec la même «neutralité positive» affective pour son interlocuteur. Cette attitude est, à mes yeux, indispensable à la possibilité de tout dialogue constructif, tout particulièrement sur l’école. Et ce, d’autant plus que les divergences sont grandes.

C’est le cas aujourd’hui avec PAP.
Donc : un «.blog…tout à fait apolitique».

Quel dommage!

Qu’un politique prenne du temps, pour ouvrir un espace de débat, en écho à son opinion, (cherchée consensuelle, sans doute parfois auto censurée, ce qui est déjà comportement politique) et qu’il éprouve ensuite le besoin d’affirmer en le faisant apparaître comme une disculpation : « …je maintiens que ce blog est tout à fait apolitique…»!

Quel gaspillage!

Comment avec cela, donner l’envie, l’orgueil du débat politique?

Débarrassons nous du mauvais usage de «politique».
Dans ma région, chaque fois que j’ai entendu des candidats se revendiquer apolitiques, ils étaient de droite.
Je vous garantis que c’est vrai, certains étaient même encartés. Mais je reconnais que, quand je dénonce cette attitude, en fait, je dis «les gens de droite sont des hypocrites qui n’assument pas leurs convictions» mais je n’avance rien de «politique». Je suis dans l’affectif. Je ne «fais pas de politique», je polémique sur la crédibilité de la valeur humaine supposée de ces candidats pas très candides à mon goût.

Sur ce blog, j’ai dit mon désaccord, quand certains «correspondants» ont un peu «dérapé» dans l’étiquetage «gentils/méchants» sans argumentation qui n’apporte rien. Ce n’est pas «faire de la politique», c’est du «débat de bistrot».
Mais la plupart des interventions sous entendent généralement des options politiques et ce n’est, là, en rien condamnable.

La création de notre Ecole Publique Laïque Gratuite était éminemment politique. Elle s’est faite par l’alliance des Républicains contre la coalition des nostalgiques de l’ancien régime et de sa collusion avec l’Eglise.
Les enjeux ne sont plus exactement les mêmes aujourd’hui mais ils sont toujours politiques.
Ce blog a le mérite de faire se «côtoyer» des concitoyens dont les avis divergent mais qui ont en commun l’attachement qu’ils portent à l’efficacité de notre école.
Même si je ne partage pas, du tout, certains points de vue, je me sens proches d’eux au moins pour cet attachement à partir duquel il est possible de construire.
Ce blog est politique et c’est très bien.
Qu’il s’assume positivement comme tel.

G Cirla

ChAmY

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