Une question m’est venue cette semaine à la lecture des nouvelles directives ministérielles quant à l’apprentissage des mathématiques.
Vous le savez, je suis un fervent défenseur de notre tout récent socle commun. Et savoir lire, écrire, compter sont des fondamentaux qu’il est indispensable d’acquérir et de maîtriser, tant pour la réussite de sa scolarité que pour la réussite de sa vie personnelle et citoyenne. Que l’on donne, dès lors, à l’École tous les moyens pour que chaque élève possède réellement ces trois capacités me semble non seulement cohérent, mais tout simplement… indispensable.
Seulement voilà ! « Tous les moyens » se résument-ils à la pratique du b.a-ba, à la grammaire de phrase et à l’apprentissage des quatre opérations dès le CP ? Je ne reviendrai pas aujourd’hui sur l’efficacité de telle ou telle méthode ni même si l’opportunité ou non de voir le ministre dire quelle est la bonne. Vous vous êtes exprimés là-dessus. Et je ne suis ni académicien, ni neuroscientifique, ni médaille Fields… Ni surtout enseignant.
Mais un point sur lequel je peux m’avancer, c’est que, si ces connaissances doivent être maîtrisées par l’ensemble des élèves, les compétences qui en découlent sont tout autant nécessaires. Comprendre un texte et pas seulement le déchiffrer, savoir partager des bonbons en aval du calcul puisque c’est l’exemple développé par l’académicien Pierre Léna, sont des buts indispensables. Et j’ajouterai, quelle que soit la méthode utilisée pour y arriver, sur laquelle je me garderai bien d’intervenir…
Je ne suis pas contre les décrets et les circulaires. S’ils participent à l’effort de guerre contre l’échec scolaire, allons-y. Mais ne réduisons pas notre ambition pour l’École. Et ne laissons pas aux oubliettes une grande partie du socle fondamental commun qu’on vient à peine de définir. Pour le moins !…
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