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07 janvier 2007

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Voici les sites qui parlent de Des profs dans le coeur (et dans la tourmente) :

Commentaires

hifi

Meilleurs voeux également.

Pour que les enseignants soient respectés,il faut changer la mentalité des utilisateurs,élèves et leurs parents (ou ce qu'il en reste)

1/ transformer la société française en une société de droit, mais aussi de DEVOIR

2/ inculquer le RESPECT de l'autre dès la maternelle (qui est d'ailleurs une invention stupide,car la société se décharge de son rôle d'éducation sur l'école,alors que cela revient aux parents dès le premier âge)

3/ transformer l'école,du primaire au lycée,en un lieu du SAVOIR ,et non en un supermarché de la note,seul objectif des élèves

4/ transformer le primaire et le collège en un lieu d'APPRENTISSAGE,et non en une super-garderie de la République

5/ ouvrir rapidement des INTERNATS pour ces élèves "orphelins" qui n'ont jamais vu la tête de leurs parents,incapables,ou absents,ou dépassés,ou les trois à la fois...

Cordialement

Cirla

Enseignants dans l’ Education Nationale et Sapeurs Pompiers dans les Cités, même confusion des rôles et des responsabilités.

Vous vous (et nous) interrogez, Mr Périssol sur la violence que subissent les enseignants.
Comme dans certaines cités, il y a « le feu » à l’Education Nationale. Plus particulièrement dans les endroits «sensibles» certes mais le malaise est grave et général. Tout le monde s’accorde aujourd’hui sur ce point.
Mais les divergences sont fortes sur l’analyse et les propositions de solutions. Elles portent sur la stigmatisation des «incendiaires» et par conséquent sur les moyens d’éteindre «l’incendie».
Mais pendant ce temps, les pompiers se font «caillasser» dans les banlieues, et vous dites : «les enseignants sont de plus en plus exposés à la violence ; malheureux et inquiétant…". (Permettez que je rajoute : en premier lieu pour eux.)

Le prétendu abandon des « méthodes qui ont fait leurs preuves depuis… des millénaires » (confer Grégoire) est un bouc émissaire facile, démagogique et irresponsable. A part flatter un électorat réactionnaire, les dispositions du Ministre ne résoudront rien sur le fond et alimenteront le «centre droit» de Jean Marie. (Je ne diaboliserai pas en prétendant que c’est voulu. Parenthèse pour Guillaume.)

Les problèmes de l’Ecole sont beaucoup plus nombreux mais surtout beaucoup plus profonds. Vous n’aurez pas manqué de relire, et je vous en remercie, le commentaire de votre serviteur (analyse sinon incontestable du moins toujours incontestée), en réponse à votre question : «Il est où le problème ?» du 16 octobre 2006.

En élément, à apporter au dossier de recherche de l’éventuel «incendiaire», je tenterai d’argumenter plus précisément sur ce qu’il me paraît être à l'origine de la situation dramatique actuelle (progressivement installée depuis la création de notre Ecole Publique, Laïque, Gratuite et (dite) Obligatoire): le «malentendu», entre ce que l’Etat attend de son école, et ce qu’en attendent les Français ?
(Je ne nie pas l’importance du « respect » de cette Ecole (et notamment à travers celui des Lois qui la régissent), mais il ne peut se construire, que sur la clarté du «Contrat» entre les «partenaires» et sur la reconnaissance de sa légitimité.)

Il est donc indispensable que l’Etat ait, avant tout, le courage de faire un choix clair sur le caractère institutionnel de l’Ecole. Son cahier des charges (qui ne peut pas continuer à être de taille encyclopédique) ne devrait être défini qu’en second lieu, en fonction du choix précédent qui le conditionne. (Les citoyens responsables pourraient alors en tirer les conséquences sur ce qui dépendrait de leur propre charge éducative et les « moins responsables » n’auraient, au moins, pas d’alibi à leur désengagement.)

A mes yeux, notre Ecole souffre cruellement (au risque d'en mourir?) de la confusion entre deux statuts : Institution ou Service Public Gratuit.

De l’Institution «Jules Ferry», centralisatrice, militante, autoritaire (sans doute à l’excès), elle a gardé l’organisation hiérarchique archaïque et sclérosée, et la posture d’un autoritarisme totalement inefficace dans la gestion de ses ressources humaines. Elle a en revanche perdu dans sa fonction tout caractère «souverain » sur les citoyens «avertis».
Ceux ci «courtisés», le plus souvent à des fins électoralistes, ont obtenu (sous prétexte de sacro sainte LIBERTE), de plus en plus de Droits sans les Devoirs réciproques inhérents qui auraient pu équilibrer le système. (Je suis sur ce point d’analyse en accord avec Hifi même si je ne partage pas plusieurs de ses «remèdes» (de «centre droit»?).

Sur notre Ecole aujourd’hui, pèsent donc toutes les attentes d’usagers d’un service gratuit, alors qu’on lui a retiré tous les moyens (et notamment d’autorité) pour pouvoir y répondre et ce sans contrepartie.

De plus son caractère (dit) obligatoire, (car ce n’est pas l’Ecole qui est obligatoire mais l’Instruction) permet aux élèves insatisfaits d’elle de se poser en victimes :
«Ouais, on est obligé d’aller à l’école, l’école, c’est nul, les profs sont nuls, ça ne sert à rien, nous on sait ce qui est bon pour nous, pas vous. Nous ce qu’on veut, c’est TRAVAILLER ! ».
(Dans ce cas, entendez pour «TRAVAILLER», la définition : Activité de loisir rémunérée au moins cinq fois le SMIG.)
« Non mais, j’ai pas bossé gratuitement jusqu’à… BAC + X pour me faire exploiter par… (Je vous le donne en Mille !)… l’Etat. »
Je caricature à peine.

Et a contrario de cette surenchère de Droits pour les usagers, l’Etat n’a laissé à notre Ecole Publique (donc la sienne) que des Devoirs et notamment le principal : accueillir tous les élèves quelles que soient leurs compétences (ce que je partage) mais surtout quel que soit leur comportement.
Retrouvons là votre constatation : «certains desdits élèves persistent dans l’inadmissible, sans même avoir conscience qu’ils jouent contre eux-mêmes »
Accordons leur le doute positif sur l’inconscience.
Il me semble donc qu’il appartient à l’Etat de l’éclairer (leur conscience) en leur disant clairement,mais sans agressivité,à eux et à leurs parents consommateurs d’Ecole Gratuite:
- Que l’Ecole Publique Laïque et Gratuite est une manifestation de la Solidarité Sociale qui leur est offerte et qu’ils sont en cela des privilégiés du Service Public mondial.
- Que, même si pour eux notre Ecole est gratuite, elle a un prix.
- Que ce prix (très important) est prélevé sur le Trésor Public.
- Que le Trésor Public, ce n’est pas un truc qu’on trouve dans une pochette surprise, mais que c’est le résultat des cotisations de ceux qui sont nés avant eux. Et que ça s’appelle les impôts. Et que les impôts, c’est encore une expression de la Solidarité nationale.
(Ne me dites pas que je fais de la politique en parlant du Franco-Belge-Suisse copain avec qui vous savez. Y a pas que lui…
Enfin, je veux dire : y a pas que lui comme Franco-Suisse qui est copain avec qui vous savez. Dernière parenthèse : « Y a pas », c’est exprès Guillaume. Mais revenons à nos moutons)
- Qu’enfin, pour la mériter (notre Ecole), il faut pour le moins respecter certaines règles indispensables à son efficacité.
- Et que si ça ne leur va pas, ils ont tout à fait le droit de se faire instruire par leur parents ou d’aller dans une école privée, dite « libre », mais qu’ils le seront bien moins que dans la publique et que c’est pour cela que leurs parents les y envoient.
- Et qu’à partir de maintenant s’ils veulent pouvoir y rester (dans la Publique) il faudra le demander gentiment, se tenir à carreau et que c’est même pas sûr qu’on gardera ceux qui n’auront pas écouté leurs professeurs et fait leurs devoirs à l’heure et appliqués.
(Il serait temps d’ailleurs d’inventer une note de vie scolaire qui aurait cette fonction. Avec une composante arbitraire sur la sympathie de la bouille comme le disait quelqu’un qui a écrit sur ce blog et qui est allé dans une grande école. Pardon d’avoir oublié qui, mais j’ai eu la flemme de chercher dans les archives. J’espère qu’il se reconnaîtra. C’est vrai, ça m’avait plu.)

Tout cela, à dire, j’avais prévenu, sans agressivité. Ce ne peut donc être reçu comme une dérive de «centre droit».
N’importe quel politique peut donc le dire et le faire.
Je suis sûr, sans rire, qu’il gagnerait 15 points au sondage de crédibilité présidentielle.

Oui,…. Mais,…. (direz vous),…. c’est la porte ouverte à l’arbitraire des Profs qui vont devenir de vrais tyrans !
Je dis «tyrans » parce que tout le monde est traité de facho maintenant, même moi et que ça n’a plus aucun sens.)
J’ai des propositions contre ça.
Il s’agit d’une refonte totale du système d’évaluation des personnels de l’Education Nationale, hiérarchie comprise.
Si ça vous intéresse, c’est en rayon.
Enfin…il faut le mettre en mots.

A bientôt.
Comme dit ma mère :«Si Dieu le veut. »


Sejan

Sauf erreur, l'individu référencé aimablement par Cirla s'est reconnu.
Le long plaidoyer par ailleurs au terme duquel est l'allusion, qui pointe assez bien le malaise et dont les injonctions ne sont pas inutiles, a raison de souligner la nécessité non pas de mesurettes mais d'une refonte complète du système éducatif, de la cave au grenier pour redonner un sens à la notion de scolarité obligatoire et asseoir une formation élargie aux excellences individuelles sur le socle d'une éducation de base et d'acquis fondamentaux réellement communs à tous ....
Mais le temps nécessaire n'est pas le temps politique, et dès lors ....
En attendant et puisque Cirla évoque des propositions formulables,je me permets de renvoyer au blog d'(immodeste?) analyse-prospective que je m'attache à tenir et ai déjà cité.... et dont les éléments suivants sont extraits.
**********************
Système éducatif des premier et second degrés.
Deux pôles pour une réforme.
Management éducatif & Formation des maîtres.

L’école est malade de ses cadres, de ses professeurs et de ses élèves. Cela fait beaucoup. Laissons les élèves aux nostalgiques de la chiourme et aux thuriféraires du savoir auto-construit. Leurs affrontements pédagogiques reposent sur des illusions profondes qui dispensent de remise en question l’encadrement et les enseignants, quand c’est par eux qu’il faut commencer.

Le corps enseignant en place et ses petits chefs (j’entends, les chefs d’établissement), qui en sont directement issus (et trop souvent par défaut), sont coincés entre le marteau et l’enclume, entre les insuffisances d’une formation à redéfinir et la suffisance des grands corps d’inspection et des féodalités rectorales qu’on peut au mieux taxer de bonne volonté incompétente face aux problèmes soulevés par le premier de nos maux : l’échec de la scolarité obligatoire. Un échec qui prépare les autres, qui suivent, au lycée et dans un enseignement supérieur guetté par l’illettrisme.
(...)
La première décision éducative que pourrait prendre un pouvoir récemment élu, décision qui ferait du bien dans ces chaumières enseignantes que sont les salles des professeurs, serait celle-ci: tous les inspecteurs généraux (IGEN et IGAENR) sont suspendus - pour une période indéterminée - de leurs fonctions de contrôle et, dûment chapitrés, entièrement dédiés à l’examen de « faisabilité » d’une reconstruction de l’école définie par le «politique».

Cela veut dire ( car l’inspection générale, via ses « collaborateurs » régionaux - les méprisât-elle sournoisement ! - essaime) de l’ordre de 3000 personnes totalement disponibles pour un travail sérieux de réflexion guidée puis de labourage du terrain pédagogique, afin d’y préparer l’avènement d’une autre approche éducative, basée sur une formation différente des maîtres et l’émergence de politiques pédagogiques locales à la fois autonomes et coordonnées.
Cela veut dire nécessairement une ligne politique préalable claire et dont on aurait aidé d’abord le corps d’inspection – ne l’oublions pas, fondamentalement bon – à se persuader, qu’il se serait dès lors réellement appropriée, et qui s’articulerait sur les têtes de chapitre suivantes :

1. Rénovation des locaux pour faire des établissements scolaires des lieux à temps complet (élèves et enseignants) d’apprentissage éducatif
2. Unification «École + Collège» en une seule entité-structure : L’École “de la scolarité obligatoire”
3. Émergence & Autonomie (gestion des moyens et des services) des équipes éducatives (scolarité obligatoire et lycées) en “repensant” leur management : possibilité de faire des chefs d’établissement des élus (en interne) de ladite équipe éducative, sur un projet-programme à 3 ou 5 ans
4. Structuration de cohérences de formation locales (par bassin) sur la base de l’autonomie des établissements, au sein de réseaux d’établissements.

Évidemment, il faut fournir à ces «contenants » des propositions de contenus et de méthodes. Et deux choses s’imposent a priori, contradictoires : la socialisation se vit, prend forme dans des groupes hétérogènes ; l’excellence se développe dans l’émulation de groupes de niveau homogène. On construit sa prise de conscience sociale dans le brassage et la mixité, on épanouit ses aptitudes dans l’échange entre pairs. Par ailleurs, il semble évident, politique éducative actuelle, que le maintien de l’hétérogénéité des classes d’âge et leur progression obligée, au long des programmes, à l’amble de toutes les disciplines, s’ils ne brident pas vraiment les meilleurs, pénalisent considérablement les moins doués, astreints non seulement à faire le constat de leur incompréhension croissante mais encore à achever de perdre leur temps dans la non-écoute désespérée de champs disciplinaires pour lesquels ils n’ont aucun goût. Quant aux facéties (pseudo)motivantes des «Itinéraires de découverte» ou des «Travaux personnels encadrés», elles ne tirent leurs éventuels succès que de la participation d’élèves qui n’ont aucun besoin d’encouragements pour travailler !

D'où la perspective d'une offre de cursus scolaire dédoublé:

Pour moitié, à mi-temps, un cursus maintenu par classes d’âge, en groupes hétérogènes, mais seulement articulé sur l’acquisition de « fondamentaux de socialisation » (expressions écrite et orale, outils mathématiques de base, éveil dialogué et guidé à l’observation-compréhension structurée du monde). On est là dans une logique de socle commun.
Pour moitié, second mi-temps, un parcours strictement individuel, sans critère autre que l’aptitude et la réussite, de cumul d’unités de valeur modulaires, dans des champs disciplinaires choisis.

L’acquisition des fondamentaux de socialisation relève d’une pédagogie collective et, chez les maîtres, d’un solide savoir pluridisciplinaire doublé d’une bonne formation à la gestion des groupes. La classe pourrait y être confiée à un binôme de professeurs référents, instituteurs au sens le plus noble de la tradition, titulaires d’un Capes d’enseignement général à inventer.
Les modules valant unités de valeur renvoient à des enseignements de discipline classiques et, chez les maîtres, à des Capes d’enseignement spécifique à modeler par révision des Capes actuels.

L’acquisition validée des fondamentaux de socialisation correspond à la délivrance d’un Certificat de (bonne) «Fin de Scolarité Obligatoire» et, au niveau suivant si on s’y est engagé, de (bonne) «Fin d’Études Secondaires ».

Le cumul des unités de valeur obtenues dessine le profil particulier de l’élève sur lequel s’appuieront les décisions et les choix de poursuite d’études ou d’entrée dans la vie active.

La présentation-discussion, au plus près du terrain, de cette prospective devrait s’inscrire en «Tête de chapitre n°5» dans l’ordre de mission des corps d’inspection qui ont été ci-dessus mis en branle et en route.

Il est assez clair qu’ainsi structuré en cinq points, ledit ordre de mission est gros d’une révision des nécessités, principes et aboutissements d’une formation des maîtres adaptée à l’école qu’il redessine. Si le remodelage des Capes de discipline ne pose pas de problèmes insolubles tant le savoir académique classique y restera schéma dominant, le problème des Capes d’enseignement général, pivot du succès de l’École dans la prise en charge enfin réalisée d’une formation de base de qualité pour tous, est plus délicat. Il pose dès l’abord une meilleure définition des Socles communs de premier et de second degrés qui seront à enseigner par ses titulaires et, par la maîtrise de très bon niveau qu’ils devront en avoir, situe le recrutement à un niveau d’exigence qui pourrait justifier, avec habilitation « Premier degré » obligatoire pour tous, une habilitation « Second degré » à deux options (littéraire / scientifique), pédagogiquement complémentaires dans le cadre de l’enseignement préconisé en binôme.

Par ailleurs, il est évident que les perspectives de présence accrue dans les établissements et, dans ceux-ci, de fonctionnement autonome des équipes éducatives ( autonomie accompagnée : toute une refonte des corps d’inspection est à suivre, sans parler du recrutement des recteurs et directeurs des services départementaux ….) donne à la formation des maîtres une autre dimension … qui pourrait fort bien justifier une «Tête de chapitre n°6» dans le plan de charge de nos quelque 3000 missi dominici, certes sommés de répandre la bonne parole, mais aussi de sérier les problèmes et de dégager les «bonnes idées».

Stratégie et Tactique …

Pourquoi passer par les corps d’inspection ? Parce qu’ils ont choisi d’être à l’honneur et qu’il est donc normal qu’ils soient quand nécessaire à la peine; parce qu’ils sont, autre façon de le dire, taillables et corvéables à merci; parce qu’enfin, globalement, toutes petites prétentions bues, ils ne sont pas composés de gens individuellement de mauvaise qualité et que leurs compétences de fond sont généralement bonnes, comme est bonne leur volonté. Il ne faut que les dessiller…

Mais l’affaire décrite demande quelques préparations …. Un politique honnête (cédons aux modes du moment et soulignons : oxymoron ?) se devra de l’annoncer : réquisition post-électorale à prévoir de l’ensemble des personnels d’inspection pour l’été 2007 ! Ils pourront quand même déposer des demandes de congé individuelles jusqu’à concurrence de quatre semaines. Des groupes de travail seront constitués qui prépareront l’opération , laquelle devra intégrer la définition d’une année de fonctionnement spécifique des établissements à mettre au point avec leurs chefs en place. Pour faciliter cette lourde organisation, la rentrée scolaire pourra être repoussée de quelques semaines.

L’horizon de la réforme devra être la rentrée 2008. Compte tenu de l’enjeu, doit-on reculer devant une année 2007-2008 « bousculée » ? En l’an 45 avant J.C., Jules César, après avoir pris conseil de l’astronome grec Sosigène (d’Alexandrie) décréta que l’année ordinaire serait de 365 jours et que tous les quatre ans, il y aurait une année de 366 jours (bissextile). Le calendrier antérieur, réglé par les autorités religieuses (les Pontifes) flirtait avec le surréalisme et on en était arrivé à fêter la moisson en plein hiver. Pour réaliser immédiatement le réalignement, César décréta en outre que l’année en cours durerait … 445 jours ! Cette année fut baptisée «Année de la confusion» et l’affaire régla le problème pour seize siècles. Ce n’est qu’en 1582 que la nécessité de l’amélioration supplémentaire de Grégoire XIII s’imposa (calendrier grégorien). Alors, si c’est pour améliorer notre système scolaire sur de telles perspectives de durée … pourquoi pas une année 2007-2008 «au risque de la confusion» ?


Cirla

A Sejan.
Bonne Année.
Merci pour l'analyse et les propositions... quoique la forme en soit en ce début d'année un peu... austère.
J'y reviendrai.
Mais rassurez moi. Je lis, je relis, je crois deviner l'intention de contenu mais le paragraphe ci dessous me contrarie.
Coquille ou forme de syntaxe inconnue?

"Cela veut dire nécessairement une ligne politique préalable claire et dont on aurait aidé d’abord le corps d’inspection – ne l’oublions pas, fondamentalement bon – à se persuader, qu’il se serait dès lors réellement appropriée, et qui s’articulerait sur les têtes de chapitre suivantes"
J'élimine les "détails superflus":
"...une ligne politique dont on aurait aidé le corps d’inspection à se persuader, qu’il se serait appropriée...."
"qu'" de "qu'il": pronom pour la "ligne politique"? ou conjonction pour "se persuader qu'il?... mais la virgule les sépare.Il manquerait peut être "la".
Je propose donc:
"...une ligne politique dont on aurait aidé le corps d’inspection à se persuader, qu’il se "la" serait réellement appropriée...."
C'est ça?
De toute façon, même si c'est correct, ça ne me plaît pas.
Sinon "langue au chat"
Merci.

Cirla

Zut!
J'ai oublié de supprimer la virgule après "se persuader"!
Vite, De Robien, une circulaire sur l'enseignement de la ponctuation qu'on n'enseigne plus comme "Avant"

Cirla

A Sejan. (Mais bien sûr tout autre lecteur est le bienvenu)

De la Légitimité de l’Autorité.

Votre critique sur mon commentaire n’était pas offensante.
Mais ma première réaction affective a été d’en contester la légitimité : « Mais pour qui se prend-il pour dire : long commentaire, assez bien, pas inutile, a raison de ?..»
Je reconnais que j’ai été moins susceptible quant à votre « démolition » des cadres de l’Education nationale. Mais la question avait émergé et s’imposait d’autant par votre insolence envers les « Evaluateurs légaux » de l’Education : « Qui étiez vous donc pour vous poser en Juge Suprême et, surtout, sur quel statut vous appuyiez-vous pour le prétendre? »
Mais poser cette question en induisait aussitôt une autre : « Qui suis je, moi même, pour avoir, peut être, un comportement similaire ? »
(Pour ma défense, je me suis convaincu que je m’évertuais à ne pas me poser en censeur mais en citoyen, égal à n’importe quel autre, en droit d’exprimer un « point de vue ». Point de vue qui ne prétendait pas être vérité révélée ni même certifiée par aucune autre autorité que l’argumentation avancée. Et qui veillait a être présenté avec des réserves indispensables pour relativiser le propos telles que : « il me semble que…, pour ma part…, je pense que…, de mon point de vue…»)
Elle en induisait, enfin et surtout, une troisième sur l’Ecole.
Alors que mon commentaire précédent essayait de convaincre de la nécessaire réaffirmation de l’autorité de notre Institution Scolaire sur ses « usagers », la forme de votre critique m’induisait à décliner ce problème en m’interrogeant :
« Sur quelle(s) légitimité(s) s’appuient tous ceux qui sont censés être en situation d’y référer pour évaluer, juger, sanctionner le système et ses personnels? »
Il m’a paru que :
- Au sommet, notre Ministre bénéficie d’une autorité institutionnelle incontestable acquise par l’acceptation du fonctionnement démocratique.
Pourtant, son cursus, les manœuvres et enjeux politiciens auxquels il ne peut prétendre être totalement étranger, induisent la suspicion sur la poursuite d’objectifs autres que l’intérêt premier de l’Institution et fragilisent déjà cette autorité.
Mais surtout, il ne bénéficie pas d’une autre légitimité indispensable pour obtenir l’adhésion des fonctionnaires sous ses ordres : la reconnaissance de sa compétence dans la direction de ce Ministère.

- Il en est sensiblement de même pour les cadres, qui n’ont plus aucune autre légitimité que celle de leur statut institutionnel. Statut qui n’émeut plus grand monde et dont le respect est totalement superficiel.
A tous les niveaux, les enseignants ne croient plus en la compétence de la plupart de leurs Inspecteurs qui, de plus en plus souvent, n’ont jamais exercé concrètement les fonctions qu’ils évaluent. Et les attentes qu’ils expriment sont soupçonnées d’être plus au service de leur plan de carrière que de leur éventuelle analyse des pratiques rencontrées.

- En ce qui concerne les enseignants la perte de leur autorité institutionnelle est évidente. Aussi, on peut s’interroger si, pour compenser cette perte, certains n’ont pas été tentés de construire une autorité pédagogique incontestable en la bâtissant parfois sur des dérives « ésotériques » et si l’honnête recherche d’un « mieux faire » des uns n’a pas été totalement discréditée par des « imposteurs ».
Quoiqu’il en soit la remise en cause par leur propre Ministre de la pertinence de leurs pratiques contribue à jeter la suspicion sur la légitimité de leur compétence pédagogique. Quand on sait qu’il ne leur reste d’autorité que celle qu’elle leur conférait on peut comprendre le désarroi et la crispation à la fois « des nostalgiques de la chiourme et des thuriféraires du savoir auto-construit ».

Par la proposition d’élection des Chefs d’établissements, vous ouvrez la piste démocratique d’une autre forme d’évaluation des compétences et de sélection de nos cadres.
En ce qui me concerne je préconiserai la complémentarité
- d’ une évaluation plurielle des personnels par : toujours la hiérarchie descendante mais aussi par les « usagers », les pairs et les élus des collectivités territoriales concernées, chacun bien sûr dans le domaine exclusif de son champ de « légitimité »
- et d’une évaluation hiérarchique réciproque, les évalués pouvant de façon collective et anonyme évaluer leurs supérieurs hiérarchiques.
A définir de façon beaucoup plus précise bien sûr.

Sejan

En réponse rapide au mot de Cirla du 15/01:

Passage incriminé de mon texte : "...une ligne politique dont on aurait aidé le corps d’inspection à se persuader, qu’il se serait appropriée...."
Sens voulu par l'auteur : "...une ligne politique dont on aurait aidé le corps d’inspection à se persuader ET qu’il se serait appropriée...."
La virgule mise pour "et".
Syntaxe réputée correcte.

Pour le commentaire détaillé du 18/01: merci pour l'effort de dialogue. J'y reviens / réponds sous peu .

Sejan

Réponse note Cirla du 18/ 01:

Les questions posées sont bien réelles.
Concernant la légitimité de celui qui parle, je crois qu’il faut s’en tenir à l’analyse de ce qu’il dit. Ses idées sont-elles ou non à prendre en compte? Je reconnais qu’il y a des tons qui agacent et incitent à regimber, mais il faut essayer d’aller au delà.
Pour ce qui est de la chaîne hiérarchique, la règle est au fond la même et je pense - car le programme prime - que le choix des cadres (ministre inclus) devrait en relever; j’entends par là que, du haut au bas de l’échelle, il devrait y avoir candidature et audition sur projet, un projet qui manifeste explicitement une vision personnelle et structurée - au niveau des missions prévues - du candidat. Les luttes d’influence, du côté du sommet, et partout l’entregent - pour ne pas dire le copinage - jouent un trop grand rôle dans les nominations. Le conformisme et l’absence d’imagination aussi, hélas, fortes qualités aux yeux des commissions de recrutement, quand il y en a .Pour se réinventer, le système a besoin de cadres dynamiques, voire remuants, capables collectivement, dans une auto-régulation pyramidale, de transformer l’utopie en réalisme. Difficile gageure.
La remarque sur l’éloignement du terrain des corps d’inspection est d’une évidence absolue ... sauf pour la plupart des intéressés. Et pourtant, d’expérience, en quelques années (3? 5?) on perd totalement le contact avec la vérité de la classe.
Sur l’évaluation des personnels, je suis assez réservé (on peut voir sur ce thème le rapport de l’ex HCEE : http://cisad.adc.education.fr/hcee/publications-2003.html). Je crois beaucoup à l’exigence des recrutements, à la qualité des formations initiales, et ensuite au travail collectif, aux “équipes”, et partant, à l’évaluation des résultats obtenus. Sinon, le questionnement de tous les “utilisateurs” (amont et aval) est sans doute, effectivement, la bonne voie.
Voilà, en gros ...

Sejan

Une parenthèse terminale a parasité l'adresse communiquée. Je rectifie ci-après et j'en profite pour préciser: ... le rapport visé est celui de juin 2002 sur "L'évaluation des enseignants des premier et second degrés".

http://cisad.adc.education.fr/hcee/publications-2003.html

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