Hier sont tombés les résultats du bac. Et demain tomberont les analyses savantes visant à savoir si le taux de réussite de 79,6 % ou de 79,8 % constitue un progrès ou un recul par rapport à l’année passée*. Commentaires d’autant plus savoureux que ce taux aura précédemment été préparé, rectifié et assaisonné par les traditionnels correctifs et autres ajustements ! Vous ne m’en voudrez donc pas de ne pas m’épancher sur le sujet : d’autres le feront beaucoup mieux que moi…
Vos récents commentaires m’incitent aujourd’hui à parler de ceux qui ont accompagné nos bacheliers durant toute leur scolarité, du primaire jusqu’au fameux diplôme. J’ai nommé : les enseignants. Car j’ai été frappé par l’emploi de mots forts, parfois même durs, pour qualifier leur rôle, leur attitude ou simplement leur situation. Je cite en vrac : « crise d’identité, manque de motivation et d’investissement, conséquences d’un salaire médiocre, poids subi des syndicats, recours aux écoles privées, profs pas ou peu écoutés, etc. » Bigre !
Je ne souhaite ni donner raison ni donner tort à ces propos (soit dit en passant, vous me dites gentiment vous-même que je serais bien mal placé pour le faire, n’étant pas moi-même enseignant). Cependant, je crois que lesdits propos reposent le problème de ce dont nous avions récemment débattu : comment (re)donner confiance aux élèves ? Bien difficile, en effet, d’apporter confiance et assurance à ses élèves, dans le futur comme dans le monde, s’il est vrai qu’on en manque soi-même, dans le présent comme dans l’exercice de son métier. Si la reconnaissance des enseignants, l’autonomie, le respect, l’écoute qui leurs sont dus ne sont pas au rendez-vous.
Il y a, bien sûr, des facteurs qui expliquent qu’un enseignant puisse douter. Lorsqu’il se sent démuni devant l’échec scolaire, qu’il se retrouve seul devant la contestation de l’autorité, ou que la mission de l’institution scolaire ne va plus de soi. Il ne faut certainement pas en faire une généralité. Encore moins une fatalité. Car je suis convaincu qu’au fond de l’immense majorité d’entre eux, la flamme reste bien vivante. Mais qu’en revanche, ils lancent des cris d’alerte parce que les problèmes auxquels l’École est confrontée sont lourds. Et que c’est à nous, tous ensemble, de dégager et de mettre en œuvre des solutions. Il serait bien trop facile de baisser les bras quand l’heure est venue de se retrousser les manches !
* A toutes fins utiles, je rappelle que le pourcentage 2004 était de 79,7 %. Nous voilà bien avancés maintenant…
Vous voulez faire avancer l'école. Dégagez les syndicats !! Ils ne nous représentent pas mais les ministres de l'éducation se couchent tous devant eux !!
Rédigé par : martin david | 06 juillet 2005 à 08:44
Martin David touche un point sensible à l'origine entre autre de la paralysie du système.
Qui osera réformer la loi de 1946 portant statut général des fonctionnaires signée Maurice Thorez?
C'est cette loi qui a permis l'élaboration d'un pouvoir syndical dans les administrations qui ampute celui des ministres.
Qui aura ce courage à droite? Car aujourd'hui pour réformer il faut du courage.
Rédigé par : grégoire kueny | 06 juillet 2005 à 09:34
Le courage ? Dans un univers bien-pensant et politiquement correct, plus personne ne veut jouer le rôle du méchant. Quant à la classe politique professionnalisée, elle est surtout à son propre service. Il ne faut donc pas trop déplaire à la plèbe...
Rédigé par : Marc | 11 juillet 2005 à 10:06
M. Périssol,
je vais rebondir en quelques mot sur ce que viennent de dire Marc, Grégoire et Martin.
Honnêtement, à entendre l'exaspération, l'heure n'est plus au débat. De toute manière tous les rapports disent depuis 10 ans la même chose. L'école c'est comme les retraites, l'Etat ou le marché du travail tout le monde sait en gros ce qu'il faut faire. Bien sûr il ya des nuances de politique de gauche ou de droite mais faites. Dites à Robien de le faire c'est tellement simple.
Selon moi il y deux problèmes:
-l'autorité, la motivation
-l'orientation.
Il n'y a pas fondamentalement de réformes profondes du contenu à faire et c'est heureux, tout cela va plutôt bien. En revanche il demeure un problème d'enseignement. La formation des professeurs est un préalable: ils doivent être mieux formés pour la pédagogie. Une piste est à étudier du côté des iufm.
Il faut entre autres qu'ils comprennent que la motivation vient avec un peu de contrainte et ne s'en offusquent pas.
Il faut que les professeurs soient également davantage jugés sur leur enseignement car les élèves doivent avoir les meilleurs (principe de la méritocratie) donc cessons les inspections annoncées et qu'elles soient plus nombreuses.
La question de l'autorité peut à mon sens en partie se résoudre par un rôle accru du proviseur en meneur d'une équipe de professeurs soudés qui appliquent le même réglement à la virgule près. Beaucoup peut être fait de façon assez simple en créant cette atmosphère de coopératin et de projet collectif. Aux proviseurs d'être jugés sur résultat (principe de la méritocratie encore une fois).
Pour l'orientation, je crois que l'inégalité aujourd'hui elle est partiellement dans l'acces aux etudes. On parle bcp de Sc Po, des gdes ecoles mais si les éleves défavorisés socialement y st peu représentés c'est davantage parce que les CIO ne font pas leur boulot que par insuffisance de résultat! Le tri social il est issu du manque d'informations.
J'ajoute qu'il faut créer un councours à l'entrée de l'université pour éviter à des milliers d'étudiants de se retrouver ss qualifications car ne décrochant pas même un deug. Il faut cesser la sectorisation. Il faut donner de l'autonomie de gestion aux universités.
Remettre à plat le cnrs et la recherche universitaire en créant un systeme incitatif.
Bonne réflextion
Rédigé par : Matthieu | 12 juillet 2005 à 23:35