Le nouvel évènement, c’est bien évidemment le rapport du linguiste Alain Bentolila sur l’enseignement de la grammaire. Remis au ministre mercredi dernier, il prône le retour de vrais cours de grammaire en classe, en langage clair et selon une méthode progressive. Trois points précis.
Parlons d’abord de la « vraie » leçon de grammaire. D’une durée estimée à 2 heures, 2 heures et demi par semaine, elle est essentielle à l’école et au collège, lit-on dans le rapport. Cependant, certains répondent qu’on n’a jamais cessé de pratiquer cette noble matière…
Deuxième point soulevé par Alain Bentolila, la phraséologie poussiéreuse dont il faut se débarrasser. Désormais, il serait bon que « la terminologie grammaticale permette aux parents et aux grands-parents d’accompagner sans difficulté leurs enfants et petits-enfants. Les termes doivent être simples, transparents, rigoureux. » Là encore, que tout le monde comprenne de quoi il s’agit, à commencer par l’élève, me semble aller de soi. Alors, l’avait-on oublié ?
Enfin, il impose l’idée de progression, en rupture avec un certain nombre de pratiques. D’après le rapport, « l'enseignement de la grammaire, à l'exemple de celui de la lecture, doit se fonder sur une progression rigoureuse allant du plus simple au plus complexe et du plus fréquent au plus rare ».
Pour ce faire, si j’ai bien tout compris, Alain Bentolila souhaite que l’on privilégie l’apprentissage de la traditionnelle « grammaire de phrase » à la plus récente « grammaire de texte ». En gros, que l’on revienne à la définition des types de phrases ou à l’analyse de la nature et de la fonction des mots qui composent la phrase. Plutôt que l’on se penche sur ce qui ressemble à une explication de texte.
Par ailleurs, le rapport précise que « la conduite d’une leçon de grammaire fera toute sa place à l’observation, à la manipulation, et à la réflexion. Elle ne saurait être laissée à l’aléatoire rencontre des textes. »
Un point m’étonne : Alain Bentolila décrit une situation où l’enseignement de la grammaire se serait complètement éloignée des éléments classiques, lesquels ne seraient plus abordés qu’aléatoirement au détour des textes. La presse a d’ailleurs présenté quelques florilèges en les commentant très durement.
Le linguiste propose donc d’abandonner tout cela et de revenir à une approche traditionnelle qui semble de bon sens. Or, dans le même temps, les esprits restent calmes et le sujet ne donne pas lieu à de vastes polémiques. Les syndicats d’enseignants souhaitent même qu’il soit procédé à « une évaluation de ce qui se fait actuellement en grammaire ».
La grammaire ne ressemble donc pas à la lecture. La situation est-elle moins extrême que les exemples évoqués dans la presse ne le laisse penser ? Ou, au contraire, la remise en ordre semble-t-elle nécessaire à tous ? Qu’en est-il vraiment sur le terrain ? Qu’en pensez-vous ?
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